Interview
L'école de langues PELIKÁN a réalisé un entretien à propos du livre Don’t Give Up! avec Mariana Chmelářová
Mariana Chmelařová (alias Minach) vient de la Slovaquie de l´est et même si elle a été engagée au théâtre HaDivadlo à Brno en tant qu´actrice pendant 19 ans, le chant ne lui est pas certainement inconnu.
À part des chansons populaires slovaques qu´elle a arrangées et qu´elle a plus tard présentées ensemble avec le groupe Czaldy-Waldy, elle a enrégistré le premier CD « Dověcnosti » avec le groupe I. Českomoravská nezávislá hudební společnost (aujourd´hui appelé Čechomor) et elle a également chanté dans la plupart des chansons de l´album « Hosté na zemi » de Jiří Bulis. Elle a chanté sa partition sur le CD « Lišák je lišák » du groupe Ty syčáci.
On a rencontré Mariana au sujet du livre Don´t give up – elle a chanté, ensemble avec Zdeněk Král, à l´occasion de sa présentation.

Comment vous aimez le livre ? Avez-vous déjà eu le temps d´y jeter un coup d´oeil ?
Le livre me plaît beaucoup. Son design m´a paru intéressant à première vue. Faute du temps, pour le moment je n´ai pu que le feuilleter. En ce qui concerne le sujet de l´enseignement des langues, le livre décrit très bien les raisons pour lesquelles les étudiants des langues étrangères quittent les cours. Et à cause de ce sujet je me sens très proche du livre parce que moi aussi, j´ai eu des problèmes à terminer un cours de langue. Néanmoins, j´ai toujours étudié les langues de manière individuelle. Mais malgré cela, les raisons pour lesquelles j´ai quitté le cours sont très bien décrits ici.
Cela veut dire que ce problème concerne vous aussi. Pensez-vous qu´il regarde également votre entourage ? Comment c´est, par exemple, dans votre famille ou dans votre entourage proche ?
Dans ma familles, je suis la moins forte en langues. Mon fils va au lycée et sait au moins communiquer en anglais. Quant à mon mari, même s´il appartient à la même génération que moi, pendant sa vie il a eu plus de possibilités d´apprendre des langues étrangères. Il a fréquenté une école de langues et il parle anglais et allemand. C´est pourquoi j´emmène mon mari à tous mes voyages à l´étranger, où il me sert d´interprète. Grâce à cela je suis devenue très paresseuse, autant que j´ai mon mari, je n´ai plus envie d´apprendre les langues.
Je le comprends absolument, pour moi c´est similaire, alors votre mari est un fait une sorte de dictionnaire et de traducteur ambulant.
Oui, exactement, mais ce n´est pas qu´il parle de manière excellente. Il fait plein de fautes, mais à son grand avantage il n´en a pas honte, il n´a pas peur de parler et d´utiliser la langue.
Moi, au contraire, je suis une de ces personnes qui préfèrent ne rien dire au lieu de faire una faute.
Cela me surprend beaucoup parce que chez une actrice, on ne s´y attenderait évidemment pas. Vous venez de la Slovaquie, comment c´est la vie ici pour vous, avec le tchèque ? Vous êtes-vous habituée ou bien pratiquez-vous encore le slovaque ? Ou quand vous venez voir votre famille en Slovaquie, parlez-vous slovaque ?
Je parle slovaque mais j´ai bien sûr besoin d´un jour ou deux pour me débarasser de l´accent morave. Mais dans ces derniers temps, j´ai beaucoup de possibilités de parler slovaque ici aussi, à Brno. Beaucoup de gens, surtout des jeunes, viennent de la Slovaquie à Brno ces derniers jours.
Le tchèque a été pour moi un problème pendant longtemps. Pendant mes études, je ne devais pas le parler du tout. J´ai étudié l´art des marionnettes à Prague et cette école était l´unique en Tchécoslovaquie donc les cours étaient enseignés en slovaque aussi et beausoup d´étudiants étaient Slovaques. Après, quand j´ai commencé à travailler au théâtre à Brno, je ne parlais tchèque que sur la scène. Jusqu´au moment où le metteur en scène et l´auteur Arnošt Goldflam m´a dit que je n´apprendrai le tchèque jamais bien si je ne commence pas à le parler dans ma vie privée aussi. J´ai suivi son conseil, j´ai commencé à parler et j´ai vite fait du progrès.

Cela veut dire qu´à présent, quand vous êtes à Brno, vous n´avez pas du tout d´occasion d´aller en Slovaquie et de jouer là-bas, ou de jouer avec des Slovaques ?
ouer en Slovaquie est un peu problématique pour moi. D´une part c´est très exigeant du point de vue du temps, d´autre part il me manque des contacts en Slovaquie parce que j´ai passé toute ma vie professionnelle à Brno. À vrai dire, je n´y ai même pas trop pensé.
Ne voudriez-vous pas apprendre encore une langue étrangère ou se perfectionner un peu ?
Mais bien sûr que je voudrais. Je l´ai essayé pour la dernière fois il y a un an et demi. Je me suis dit que si je vais aussi souvent en Belgique, je devrais commencer à apprendre l´anglais au cas où mon interprète ne serait pas là. J´ai donc essayé le soit-dit cours d´anglais rapide. Une de mes copines me donnait des leçons particulières mais avec une heure par semaine, c´était un échec total. La cause de cet échec, c´était surtout le fait que c´était un cours rapide. Je pense que pour les gens de mon âge, il vaut mieux apprendre par répétition et approfondissement progressif. Le cours rapide n´était pas un bon choix pour moi.
Vous avez donc arrêté le cours ?
Oui, je l´ai arrêté, exactement pour les raisons décrites dans le livre Donť give up.
Le cours rapide ne me motivait pas donc j´arrêté autour de Noël.
…c´est ce dont la motivation est capable…
Au lycée, j´avais appris le français, donc l´anglais était pour moi quelque chose de complètement nouveau. Si j´avais continué avec le français, que je pourrais également utiliser en Belgique, l´apprentissage aurait été peut-être plus facile pour moi.

Utilisez-vous encore le français ? Est-ce que vous l´aimez ?
Apprendre le français, j´ai aimé énormément. Le français est une belle langue. Malheureusement, à l´époque où je l´apprenais, les possibilités de l´utiliser dans la pratique étaient presque à zéro.
Ce n´était pas comme avec l´allemand où vous pouviez allumer la télé et regarder au moins les émissions autrichiennes.
Mais bien sûr, la langue que j´ai pratiqué le plus est le russe, je saurais me faire comprendre en russe. Je le comprends parfaitement et je pourrais composer des phrases simples aussi. Même si je n´aimais pas apprendre cette langue.
Avec quels types d´enseignement avez-vous des expériences ? Qu´est-ce qui vous a manqué ?
Comme j´ai déjà dit, en ce qui concerne le français, il me manquait surtout des possibilités de le pratiquer. Mon fils, par exemple, va au lycée, il apprend l´anglais et il le rencontre tous les jours dans la pratique. Il joue des jeux d´ordinateur, il begarde des films soutitrés en version originale, etc.
Je regrette un peu qu´il a eu l´espagnol comme deuxième langue. Il a toujours eu la meilleure note mais il n´en sait presque rien. Je pense que c´était la faute au professeur. Mon fils parle de l´espagnol comme d´une langue débile et de l´Espagne comme d´un pays pas intéressant et je ne le comprends pas du tout. Je suis allée en Espagne en Andalusie et je m´y suis plu beaucoup.
Mon fils va régulièrement en France. Il y parle anglais mais ce pays l´a enchanté autant qu´il veut aussi apprendre le français. Je pense que l´Espagne aurait le même effet sur lui.

Comment les acteurs connaissent-ils les langues étrangères ?
On pourrait dire que ceux qui ont appris l´anglais au lycée le maîtrisent grâce à quelques tournées à l´étranger. Certains acteurs de la « vieille génération » de HaDivadlo sont allés en tournée au Canada et là-bas, tout le monde a rafraîchi ses connaissances d’une manière ou autre.
Quand vous êtes en vacances, par exemple, dans un pays et sa langue vous est totalement inconnue ou vous ne la maîtrisez pas assez, est-ce que votre profession d´actrice vous aide à communiquer avec les gens du pays ? Ou bien, est-ce que vous avez une histoire amusante qui vous est arrivé, par exemple, quand vous deviez parler, comme on dit, avec les mains, à cause de quelque chose d´important ?
Vous savez, moi j´ai mon interprète qui arrange tout pour moi. En plus, en ce qui concerne les langues slaves, il n´y a pas de problème, je viens de la Slovaquie de l´est et là, c´est un mélange de l´ukrainien, du polonais et du slovaque, donc les langues slaves ne me posent pas problème.
…donc vous ne vous promenez pas seule ?
Je suis justement contente de pouvoir me promener avec mon mari. Non seulement pour l´utiliser en tant qu´interprète, mais aussi parce qu´il est mon partenaire.

Avez-vous une histoire intéressante liée à la compréhension, ou malcompréhension, d´une langue étrangère ?
Mon fils bien sûr comprend le slovaque et sait dire presque tout. Mais quand il lisait « Sinouhé, l´Égyptien » en slovaque, il m´a demandé ce que voulait dire la phrase « humpalajucí se kypet ». Cette expression l´a amusé beaucoup.
Et qu´est-ce que cela signifie, alors ?
Un tronçon basculant. Moi-même, j´avais presque oublié cette expression.
Dans quelle langue étrangère préférez-vous chanter? Je m´en doute que c´est le français …
Le slovaque est lui aussi beau pour le chant, mais ce n´est pas une langue étrangère pour moi, alors ce sera le français. Il est magnifique.




